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La Rochepot

 

Edifice
Eglise Notre-Dame-de-la-Nativité, ancienne priorale Saint-Georges
Situation
Centre village, 21340 (Côte d’Or)
Parties Romanes
Nef, transept, abside et absidioles
Décoration Décor du portail ouest, chapiteaux historiés, arcatures de l’abside, pilastres cannelés
Datation
Milieu du 12e siècle

 

 

Introduction - Historique - Description - Visite

 

IntroductionChapiteau de combat

Le beau village de La Rochepot en Côte d’Or est dominé par le château fort se trouvant sur un éperon rocheux et formant, avec la belle église romane, un site très charmant. On se trouve ici à mi-chemin entre Autun et Beaune, et l’influence des deux grandes églises voisines est manifeste sur l’église Notre-Dame-de-la-Nativité qui en est à peu près contemporaine. L’église construite autour de 1140, autrefois priorale dépendant de l’abbaye de Flavigny, reprend le profil brisé des arcades et les pilastres cannelées d’Autun. Malheureusement, l’édifice a été mutilé pendant des siècles et aujourd’hui la nef est privée de sa voûte et le transept, dont la croisée était autrefois surmontée d’un clocher, est partiellement reconstruit. Cependant, l’église de La Rochepot reste très intéressante pour ses chapiteaux, décorant le portail, les piliers de la nef, et les arcatures de l’abside, inspirés par ceux de la cathédrale d’Autun et ceux de Saint-Andoche de Saulieu. On trouve quelques scènes historiées et plusieurs motifs végétaux d’une belle ordonnance. Après la visite de l’église, on peut aller visiter le château féodal, l’un des châteaux les plus connus de Bourgogne, avec ses toits remarquables en tuiles polychromes et sa situation pittoresque au-dessus du village. C’est un château commencé au 13e siècle, reconstruit au 15e siècle par la famille Pot, détruit à la Révolution puis reconstruit vers 1900 par Sadi-Carnot. Un peu au nord se trouvent les vestiges du vieux château primitif. La Rochepot se trouve également sur le circuit des églises de la Côte de Beaune.

 

L’église de la Rochepot vue depuis le château

 

Historique

Le villageL’église était celle d’un prieuré bénédictin fondé par l’abbaye de Flavigny à une époque inconnue. Seul vestige du prieuré disparu est la priorale dédiée autrefois à Saint-Georges, vraisemblablement construite vers le milieu du 12e siècle. Le prieuré dépend de Couches depuis le début du 14e siècle. En 1352, les seigneurs du château fondent une chapelle dédiée à Sainte-Cathérine dans le croisillon nord de la priorale. C’est en 1494 que l’église fut gravement incendiée : les voûtes de la nef et peut-être le clocher de la croisée sont détruits. Le clocher fut alors reconstruit à droite de la façade à la fin du 15e siècle. Les moines se retirent au monastère de Couches au début du 16e siècle. L’église fut rattachée à la paroisse de Baubigny en 1527 avant de devenir une paroissiale indépendante sous le vocable de Notre-Dame-de-Nativité à partir de 1654. L’église est remaniée durant les siècles suivants : les clôtures de la chapelle seigneuriale furent détruites vers 1740, d’importantes restaurations seront effectuées en 1776 (chœur, charpentes et couvertures), 1783 (contrefort), 1822-1823 (voûte de la nef, couvertures), 1870-1875 (absidioles), 1877 (portail ouest), 1909-1913 (couverture) et 1920-1928 (voûte de la nef, consolidation du mur nord). L’église est classée Monument Historique en 1909. La dernière campagne de restauration par les Monuments Historiques en 1970-1976 concerne la couverture, les murs, les badigeons et les charpentes.

 

Description

L’église en calcaire blanc, datée vers 1140-1160, a été remaniée au cours des siècles. Le plan de l’édifice du 12e siècle est toujours existant : une nef de quatre travées flanquées de bas-côtés étroits, puis un transept bas et saillant suivi directement par l’abside entre deux absidioles. Le clocher qui fait saillie de la nef côté sud est de la fin du 15e siècle, avec une flèche de 1822, refaite en 1950. Il a peut-être remplacé un clocher roman qui se trouvait à l’origine sur la croisée. La sacristie au sud du transept est de 1860. Il ne reste rien des bâtiments du prieuré, qui se trouvaient au nord et à l'ouest de l'église, qui est actuellement flanquée par le cimetière.

 

Plan de l’église

 

L’extérieur de l’église a été fortement remanié. Le pignon de la façade ouest est percée de trois baie et d’un grand portail sévèrement restauré au 19e siècle. Le grand tympan nu et son trumeau sont modernes et le décor a été partiellement remplacé par des copies. Il conserve ses quatre colonnes avec chapiteaux feuillagés supportant des voussures dont l’archivolte présente un décor d’oves également en partie refait. Le flanc nord de la nef conserve encore des baies romanes et un ancien portail muré indiquant peut-être l’emplacement de l’ancien cloître disparu. Des grands contreforts ont été ajoutés vers 1700. Les pignons du transept, aux contreforts plats, ont été rehaussés tardivement. On regarde encore l’harmonie des absides du chevet et leurs corniches de modillons nus et couvertures en lave.

 

Extérieur de l’église

 

Ensemble
Chevet
Absides
Clocher
Nef
Transept
Façade
Façade
Portail
Archivolte
Chapiteaux
Chapiteaux

 

Entrons dans la nef, sans éclairage direct, dont les voûtes mutilées au 15e siècle sont remplacées par des lambris en bois. On remarque la structure autunoise des piliers de plan carré, flanqué de pilastres cannelés et de colonnes engagées qui supportent les grandes arcades à double rouleau de profil brisé. Les hauts pilastres aux entablements modernes soutenaient la voûte, qui était sans doute en berceau brisé sur doubleaux. Les bas-côtés étroits ont également perdus leurs voûtes et celui du côté sud est partiellement reconstruit à la fin du 15e siècle. Des lambris ont remplacés les voûtes en demi-berceaux dont on retrouve encore les pilastres des murs latéraux et les vestiges de doubleaux au nord. Le transept reprend l’architecture de la nef avec cependant deux piliers cruciformes supportant les arcades brisées. Les croisillons conservent leurs voûtes d’arêtes et s’ouvrent sur les absidioles en cul-de-four. L’abside centrale s’ouvre sous un arc triomphal brisé retombant sur des pilastres cannelés. Elle est décorée par cinq arcatures entourant les trois baies, retombant sur deux colonnettes lisses, deux colonnettes torsadées et deux pilastres cannelés. Il y a également une fresque de Saint-Jean-Baptiste du 16e siècle, des statues anciennes et les vestiges de la pierre tombale des Pot dans cette église.

 

Intérieur de l’église

 

Nef
Arcades
Pilier
Abside
Bas-côté
Bas-côté
Bas-côté
Transept
Arcatures
Colonnette
Pilastre
Absidiole

 

Les chapiteaux de cette église méritent une visite approfondie. Leurs sculptures s’inscrivent parfaitement dans le style courant du milieu du 12e siècle. On n’y trouve pas la qualité des sculptures d’Autun ou de Saulieu, mais le maître sculpteur s’est inspiré sans doute de ces grandes églises voisines, et plus particulièrement des ateliers contemporains de Beaune, de Chalon et du narthex de Vézelay. Sur les chapiteaux des colonnes engagées de la nef on trouve vingt chapiteaux dont trois scènes historiées aux personnages allongés. Sur le premier pilier nord, l’Annonciation, avec l’ange Gabriel qui apparaît à la Vierge Marie, et sur la face gauche du chapiteau une femme reposant sa tête sur sa main représentant peut-être le sommeil de la Vierge. Sur le deuxième pilier sud, le combat d’un guerrier à cheval contre un aigle, où il s’agit peut-être de saint Georges. Sur l’autre face du même pilier, Balaam sur l’ânesse arrêté par l’ange, portant son épée, sujet qu’on retrouve à Saulieu et au portail d’Autun. Sur les autres chapiteaux on trouve des décors végétaux avec parfois des têtes : un beau feuillage, deux personnages en buste, une tête couronnée. Sur les extrémités des bas-côtés, deux couples de chapiteaux représentent deux fois une tête léonine et deux fois un arbre en Y avec deux volutes issus d’un même tronc et des palmettes d’angle. Les autres chapiteaux sont sculptés de feuilles lisses et nervurées, ou simplement épannelés. Les chapiteaux sont en calcaire, à l’exception des chapiteaux en grès dans le transept et dans les parties orientales de la nef, qui sont peut-être des restaurations tardives. Les tailloirs sont souvent décorés de perles ou de disques plats. Dans l’abside, les chapiteaux des arcatures sont sculptés de décors végétaux et d’un masque. On peut mentionner enfin l’existence d’un bénitier roman provenant de l’église, actuellement dans un jardin du village, avec des têtes sculptées mises en relation avec le mausolée de Saint-Lazare à Autun.

 

Les chapiteaux romans : l’Annonciation

 

Annonciation
Balaam arrêté par l’ange
Combat de guerrier et aigle
Personnages en buste
Tête couronnée
Tête léonine (1)
Tête léonine (2)
Feuillage
Arbre en Y (1)
Arbre en Y (2)
Feuilles lisses
Feuilles simples
Décor végétal (abside)
Masque (abside)
Décor végétal (abside)
Décor végétal (abside)

 

 

Photo de Pierre Boucaud
Le château de la Rochepot

 

 

Visite

L’église se visite librement.

Pour en savoir plus sur La Rochepot, vous pouvez visiter sur internet:

Site du village : http://mairiedelarochepot.free.fr/.
Page art roman : https://sites.google.com/site/artromanfrance/bourgogne/la-rochepot-nd-de-la-nativit%C3%A9?authuser=0.
Page Bourgogne médiévale : http://bourgognemedievale.com/departement-et-pays/cote-dor/pays-beaunois/la-rochepot/.
Page blog roman : https://romaans.blogspot.com/2022/12/eglise-saint-georges-te-la-rochepot.html.
Page lieux sacrés : http://lieuxsacres.canalblog.com/archives/la_rochepot__21_cote_d_or_/index.html.
Page de blog allemand : https://romanische-schaetze.blogspot.com/2015/09/frankreich-la-rochepot-cote-dor.html.
Page wikipedia : https://fr.wikipedia.org/wiki/%C3%89glise_Notre-Dame-de-la-Nativit%C3%A9_de_La_Rochepot.
Page de photos : http://pormenaz.free.fr/La-Rochepot.php.

Aussi, vous pouvez consulter :

- Oursel R., Bourgogne Romane, Zodiaque, La Nuit des temps, 1968.
- Sapin C., Arnaud C. et Berry W., Bourgogne Romane, Dijon, 2006.
- Stratford N., L’église Saint-Georges de La Rochepot, Congrès archéologique de France, Paris, 1997.

 


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