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Pontaubert

 

Edifice
Eglise Notre-Dame-de-la-Nativité
Situation
Centre village, 89200 (Yonne)
Parties Romanes
Entièrement: nef, choeur et abside
Décoration Chapiteaux feuillagés, modillons de la nef, portails ouest et sud
Datation
Troisième tiers du 12e siècle

 

 

Introduction - Historique - Description - Visite

 

Introduction

Ce village de l’Avallonais se situe pittoresquement dans la vallée du Cousin, à très peu de distance d’Avallon. Son église Notre-Dame, qui était celle d’une ancienne commanderie des Hospitaliers de Saint-Jean de Jérusalem, est parmi les plus intéressants édifices romans de l’Yonne. C’est une église romane tardive, datant du dernier tiers du 12e siècle et achevée seulement au cours du siècle suivant par le haut clocher dominant le bel ensemble. On se trouve ici entre Avallon et Vézelay, et l’architecture de l’église s’est inspirée nettement des deux grands sanctuaires voisins. Sans en approcher la splendeur, on retrouve ici la grande harmonie de la nef de la basilique de Vézelay, combinée avec les profils brisés de Saint-Lazare d’Avallon. La nef à bas-côtés est alors à deux étages sous voûtes d’arêtes, le modèle répandu en Bourgogne dans le diocèse d’Autun et introduit au cours du 12e siècle dans l’Avallonais (voir aussi l’église de Sacy). Une travée de chœur de la même architecture est suivie directement d'une abside à trois pans. Remarquons la grande simplicité des chapiteaux, où on ne trouve que des décors végétaux. Le portail sud austèrement décoré est roman, le portail ouest déjà du 13e siècle a plus de prétention avec ses colonnes, ses voussures et son tympan avec les scènes historiées de la vie de la Vierge. De l’extérieur on admire enfin le porche gothique qui donne abri au portail, et quelques modillons romans de la nef.

 

 

Historique

Le village tire son nom du premier pont construit sur le Cousin, vers 840, par un certain Ausbert, comte d’Avallon. Une commanderie est fondée vers 1167 par les Hospitaliers de Saint-Jean de Jérusalem, connus aussi comme chevaliers de Malte. Ils construisent l’église dans cette dernière partie du 12e siècle, et aussi un hôpital, un nouveau pont, une enceinte et une citerne. La commanderie était destinée à l’accueil des pèlerins sur la route menant de Vézelay à Autun. Une maladrerie y est associée au 13e siècle. Elle passe en commende au 15e siècle, puis ses biens sont dispersés à la Révolution. Après le classement Monument Historique en 1862, l’église est restaurée en 1873 par l’abbé Minard.

 

Coupe de l'église
Coupe de l'église

 

Description

L’église, très harmonieuse, date presque en totalité de la fin du 12e siècle et du début du 13e siècle. Le plan simple, sans transept, présente une nef de quatre travées à bas-côtés, une travée de chœur, également à bas-côtés, et une abside polygonale à trois pans. Le porche ouest, précédant l’ensemble roman, date des années 1500 et présente une voûte ouvragée.
De l’extérieur, on remarque tout de suite la haute nef romane avec ses deux étages de baies en plein cintre et ses modillons, dont certains sont sculptés de têtes du côté sud. Le portail sud est restauré mais roman dans son ensemble, avec ses colonnes, ses chapiteaux à crochets et ses voussures. L’édifice est dominé par le grand clocher qui se trouve sur la première travée de la nef. Ses deux étages supérieurs sont du 13e siècle et présentent des grandes arcatures géminées. Du début du même siècle est le grand portail sous le porche, qui est un ensemble précieux avec ses colonnes, ses chapiteaux, son trumeau et ses voussures. Le tympan présente des scènes historiées de facture assez médiocre: à gauche on voit une Adoration des Mages avec la Vierge en majesté et l’Enfant, entourée d’anges, à droite c’est l’Assomption de la Vierge.

 

Extérieur de l'église:
Extérieur
Nef
Chevet
 
 
Clocher
Portail
Tympan
 

 


Entrant dans la nef, on est surpris agréablement par l'équilibre de l’ensemble roman. L’élévation typiquement bourguignonne est à deux étages : les grandes arcades brisées, à double rouleau et reposant sur des piliers cruciformes à colonnes engagées, sont surmontées de fenêtres hautes inondant la nef de lumière. La voûte d’arêtes est supportée par de forts doubleaux de profil brisé, surmontant des colonnes engagées. On retrouve ce voûtement d'arêtes encore aux bas-côtés. Remarquons que les doubleaux et arcades sont à double rouleau dans la travée supportant le clocher et la travée de chœur, celle-ci est de même architecture que la nef, mais un peu plus basse. L’abside est de plan trapézoïdal, ce qui est rare, et voûtée d’une arête de même forme. Elle est percée de grandes baies. Les chapiteaux de la nef sont décorés très discrètement de feuilles aux crochets. Les statues à l'intérieur sont un véritable trésor de cette belle église romane.
De la commanderie il reste peu de vestiges, seulement une galerie souterraine sous la place, inaccessible.

 

Intérieur de l'église:
Intérieur
Bas-côté
Elévation
 
Chœur
Chapiteaux
Chapiteau
 

 

Coupe de l'église
Architecture de la nef

 

Visite

L’église de Pontaubert est ouverte de Pâques à la mi-octobre.

Pour en savoir plus sur Pontaubert, vous pouvez visiter les sites Internet suivants :

Page petit-patrimoine : page 1 et page 2.
Page photos églises : http://photos-eglises.fr/Bourgogne/89/pontaubert/pontaubert.htm.
Page terre de trésors : http://www.terredetresors.com/tresors/eglise_notre-dame-de-la-nativite_de_pontaubert.html.
Page Philippe Gavet : http://www.philippe-gavet.com/06/24/index.html.
Page patrimoine de France : http://patrimoine-de-france.com/yonne/pontaubert/eglise-3.php.

Pour en savoir plus sur Pontaubert, vous pouvez consulter les ouvrages suivants:

- Lacroix B. et Prevost H., Pontaubert, 1969.
- Oursel R., Bourgogne Romane, Zodiaque, La Nuit des temps.
- Petit V., Description des villes et campagnes de du département de l’Yonne. Arrondissement d’Avallon. 1870.


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