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Chapaize
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Edifice |
Eglise
Saint-Martin, ancienne priorale |
| Situation |
Centre
village, 71460 (Saône-et-Loire) |
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Parties
Romanes |
Entièrement
: nef, bas-côtés, transept, clocher, chœur
et absides |
| Décoration |
Bandes
lombardes, chapiteaux, statue-colonne du clocher |
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Datation |
Deuxième
quart du 11e siècle (nef, transept et clocher), première
moitié du 12e siècle (voûte et réfection
de la nef) et début du 13e siècle (chœur
et absides) |
Introduction
- Historique - Description
- Visite
Introduction
L’église
de Chapaize est très intéressante par l’architecture
originale de sa nef élancée et par son clocher extraordinaire
dominant le beau paysage du Mâconnais.
Le petit village se situe non loin de Tournus
dans une région qui se caractérise par un nombre extraordinaire
d’églises romanes, dont celle de Chapaize qui occupe
une place de choix. L’église Saint-Martin est le seul
vestige d’un prieuré de bénédictins,
fondé au 10e siècle et dépendant de l’abbaye
Saint-Pierre de Chalon. La prieurale
datant de la première moitié du 11e siècle
est l’une des plus anciennes églises romanes de la
Bourgogne. Le campanile de plan barlong est construit avec élégance
à plus de 35 mètres de hauteur et est décoré
de baies géminées et de bandes lombardes, éléments
décoratifs souvent utilisés au début de l’époque
romane, que l’on retrouve sur la façade sévère.
La nef, construite autour de 1030, se compose de cinq travées
élevées sur deux étages et flanquées
de bas-côtés. L’ensemble, d’une grande
beauté, est contemporain du narthex de Tournus
et a sans doute porté l’influence de Cluny
II. Les lourdes arcades et les murs d’un bel appareil
dégagé sont supportés par d’énormes
piliers ronds aux impostes triangulaires qu’on retrouve au
scriptorium de l'abbaye Saint-Bénigne de Dijon.
La voûte qui couvre la nef a été reconstruite
en berceau brisé sur doubleaux, au 12e siècle, avec
d’autres remaniements au niveau des ouvertures et des murs
latéraux. Les bas-côtés, couverts d’arêtes
sur des doubleaux, se prolongent jusqu’aux absidioles, délimitant
une croisée voûtée d’une coupole ovoïde
sur trompes. Le chœur et ses trois absides ont été
reconstruits à la fin de l’époque romane, dans
le même style que le chœur de la priorale voisine de
Lancharre. De l’extérieur,
le chevet avec le pignon du chœur et les contreforts latéraux
supportant le clocher forment un élancement très harmonieux
qui s’achève par le magnifique clocher. L’église
de Chapaize, parfaitement conservée et restaurée,
reste l’une des plus importantes églises du premier
art roman de la Bourgogne.
Historique
Chapaize
est une paroisse du Haut Moyen-Age dont l’église se
trouvait près d’une fontaine sacrée dédiée
à Saint-Léger. Un prieuré bénédictin
y fut fondé, vraisemblablement au 10e siècle, sans
en avoir des répères exacts, car il ne fut mentionné
qu’au 11e siècle. Il dépendait de l’abbaye
Saint-Pierre de Chalon dont le prieuré
Chapaize était probablement le noviciat. Un petit ermitage
fut construit et ensuite l’église et le monastère
au 11e siècle. Cette église fut peut-être construite
par le grand constructeur lombard Guillaume de Volpiano,
abbé de Dijon, qui passait à
Chalon en 1021 et 1023, avant sa mort en
1031. Endommagée par le feu avant 1100, l’église
fut restaurée au 12e siècle et la voûte de la
nef fut reconstruite pour en assurer la stabilité. Le chœur
fut reconstruit, probablement au début du 13e siècle,
pour des raisons inconnues. Les fenêtres hautes de la nef
furent obturées vers 1400 quand les toitures ont été
refaites en lauzes. Au 16e siècle, l’intérieur
fut restauré, mais pendant les guerres de religion, les moines
bénédictins partent à Chalon.
Le monastère est ensuite vendu aux Seigneurs d’Uxelles.
Les bâtiments conventuels furent détruits et l’église
devint paroissiale au début du 17e siècle. Les premières
restaurations au milieu du 18e siècle réparent les
voûtes et les toitures. L’église est classée
Monument Historique en 1862 et restaurée en 1846, 1865-1867
et en 1881. Pendant tout le 20e siècle, de nombreuses restaurations
ont donné à l’église son aspect actuel
: reconstruction des piliers du transept en 1954, décapage
des nefs en 1973-1974, dégagement des baies de la coupole
en 1980, restauration des voûtes et des piliers en 1983, réfection
des toitures en 1986 et restauration du clocher et des toitures
en 1991-1992. Les restaurations sous la direction des Monuments
Historiques ont été terminées en 1998.
Description
L’église
de Chapaize, dominé par son haut clocher lombard, se dresse
sur le cimetière du village. Commencée vers 1030 en
appareil de moellons allongés, le gros œuvre de l’édifice
date de la première moitié du 11e siècle, avec
quelques remaniements ultérieurs. On peut discerner deux
campagnes : vers 1030-1040 pour les parties basses et 1040-1050
pour les parties hautes et le clocher. L’église régulièrement
orientée comporte un plan basilical sans
transept saillant. La nef de cinq travées, flanquées
de bas-côtés, se prolonge par une travée de
transept nettement plus large, et par une travée de chœur
un peu plus bas avec trois absides orientées. Les murs des
bas-côtés, les portails et la grande baie de la façade
ainsi que la voûte en berceau brisé de la nef sont
des réfections remontant à la première moitié
du 12e siècle. Le chœur et les absides ont été
reconstruits au début du 13e siècle dans un style
roman tardif.
La visite extérieure
de l’édifice commence par l’austère façade
ouest. Sa partie haute est décorée de onze bandes
lombardes suivant la pente du pignon. Les arcatures entourent une
baie, probablement datant de la réfection du 12e siècle,
à deux colonnettes avec de petits chapiteaux sculptés
de feuilles. Le portail principal en arc brisé conserve une
porte avec des pentures (les anciennes sont conservées à
l'intérieur dans le transept sud). Un deuxième portail
plus petit, également en arc brisé, donne accès
dans le bas-côté nord. Autrefois, une porche se dressait
devant la façade. Les façades latérales, remaniées
en périodes différentes, montrent l’ordonnance
de la nef avec fenêtres hautes, contreforts et modillons nus.
Du côté nord, la première travée est
encore décorée de trois bandes lombardes remontant
à la première campagne de construction. Les murs
gouttereaux ont été reconstruits en moyen
appareil régulier au 12e siècle. Au nord, le mur a
été repris encore une fois au 14e siècle, tandis
qu’au sud, les contreforts ont été refaits au
19e siècle. La partie haute de la travée du clocher
est décorée de bandes lombardes. Elle a été
renforcée, au 12e siècle, par des profonds contreforts
en moyen appareil qui marquent la situation du transept, et par
des contreforts moins profonds pour la partie haute de la nef. L’escalier
menant au clocher, côté sud, date de 1751. Le chevet,
en grand appareil, est marqué par le pignon de la travée
de chœur et par les trois absides. L’abside centrale,
avec trois larges baies d’origine, est décorée
d’une corniche à arcatures et soutenue par des contreforts
en moyen appareil. Au nord, une sacristie moderne flanque le chœur.
Extérieur
de l'église :
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| Ensemble |
Façade
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Arcatures |
Baie |
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| Façade
sud |
Contreforts |
Mur
nord |
Bandes
lombardes |
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Chevet |
Chœur |
Arcatures |
Absidiole |
Le clocher
central est la merveille de cette église. Ce haut campanile,
s’élevant sur 35 mètres, est un chef-d’œuvre
de l’art lombard. D’inspiration italienne, c’est
le plus beau clocher du début de la période romane
en Bourgogne. Il a été construit vers 1040-1050 en
petit appareil calcaire. De plan barlong, l’élévation
comporte trois étages. Le premier, qui est le plus haut,
est décoré de bandes lombardes entourant une baie
simple sur chaque face. L’étage médian est percé
de baies géminées avec colonnes et chapiteaux à
grands tailloirs, entourées d’archivoltes maçonnées
et de bandes lombardes. On peut y découvrir un modeste décor
sculpté comptant parmi les plus anciens de la région.
Les chapiteaux des colonnes sont sculptés de motifs corinthiens
et de visages en faible relief. Du côté nord, une statue-colonne
représentant un personnage méditant en levant les
yeux au ciel, est l’une des surprises de ce clocher fort original.
L’étage supérieur comporte une autre série
de baies géminées plus petites, avec pilastres et
tailloirs sans chapiteau, entourées d’arcatures aveugles.
Un corniche à modillons nus souligne la pyramide courte en
laves. A l’intérieur du clocher il existe un double
système de chaînage de bois dont l’étude
des longrines a permis de dater l’édifice (1036-1066).
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| Clocher |
Face nord |
Face
sud |
Partie supérieure |
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| Baies géminées
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Statue-colonne |
Chapiteau |
Baie supérieure |
L’intérieur
de l’église, dont les murs ont été décapés
comme à Tournus, présente
des structures intéressantes et originales. La nef,
construite en petit appareil, montre des murs d’épaisseur
énorme qui s’élèvent sur deux étages.
De grands piliers ronds maçonnés en petit appareil
se terminent par des impostes en forme de triangles renversés.
Les piliers supportent les grandes arcades en plein cintre ainsi
que des demi-colonnes qui soutiennent les arcs de la voûte.
La partie basse du mur occidental a deux arcades entourant le portail
et deux demi-piles engagées recevant les grandes arcades.
Des fenêtres hautes à double ébrasement, restaurées
après avoir été bouchées pendant longtemps,
assurent l’illumination de l’espace. La voûte
en berceau brisé sur doubleaux de la nef centrale a été
construite vers 1125 ou 1150 en pierre de taille. Elle semble remplacer
une voûte primitive en berceau plein-cintre qui s’est
avéré instable, encore visible par l’écartement
des murs de la nef surtout au nord, et dont on trouve encore les
traces sur la façade ouest et sur l’arc du transept.
Le berceau brisé issu de Cluny au
12e siècle a donné ici la solution pour le problème
de voûtement des constructeurs du 11e siècle. Les bas-côtés
sont voûtés d’arêtes sur doubleaux reposant
sur des pilastres à dosserets des murs gouttereaux. Les murs
et les arcs doubleaux ont été partiellement refaits
en moyen appareil aux 12e et 14e siècles, seules les trois
dernières travées du bas-côté sud sont
encore entièrement d’origine, avec des arcs formerets
aux murs latéraux. Les baies ont été agrandies
en 1825 siècle pour remplacer de petites baies-meurtrières
romanes, dont seule la première au sud est encore visible,
bien que restaurée. On trouve un modeste décor peint
du 16e siècle dans la nef : fresques florales avec inscription
1543 entourant la baie à colonnettes de la façade,
motifs de décoration de la voûte, et croix de consécration.
Les dalles funéraires, enfin, datent des 17e au 19e siècles.
Intérieur
de la nef :
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| Nef
vers l'est |
Nef
vers l'ouest |
Elévation |
Fenêtres
hautes |
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| Voûtes |
Pilier |
Façade |
Baie de façade
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| Bas-côté
nord |
Arcs doubleaux
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Bas-côté
sud |
Arc formeret |
L’intérieur
du transept est une travée forte dont l’élévation,
avec de grandes arcades et des fenêtres hautes, continue celle
de la nef. Elle porte une belle coupole-lanterne
ovale supportant le clocher, avec arcatures entre les trompes, et
quatre baies dont deux s’ouvrant sur l’extérieur.
Sous la coupole, deux arcs en plein cintre reposent sur des colonnes
engagées puis sur quatre piliers ronds qui ont été
repris en sous-œuvre au 20e siècle pour stabiliser l’édifice.
Les bas-côtés voûtés d’arêtes
se poursuivent aux absidioles du chœur sans marquer le transept.
La travée de chœur, plus tardive, est
voûtée d’arêtes également. Une baie
à colonnettes surmonte l’abside s’ouvrant
en arc brisé qui est percée de trois baies et d’une
piscine double. Le maître-autel en marbre, de style Renaissance,
provient de la chapelle des Morts de l’abbaye de Cluny.
Les baies des absidioles ont été
remaniées.
Intérieur
du transept et du chœur :
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| Ensemble |
Transept |
La
coupole |
Piliers |
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| Abside |
Absidiole |
Baie du chœur |
Portes anciennes
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Les bâtiments
du prieuré qui flanquaient l’église au sud ont
été détruits, mais l’église est
encore entourée par de belles maisons mâconnaises à
galeries et par le presbytère du 18e siècle. Au nord,
une tour de défense de l’ancienne enceinte est encore
conservée. Autrefois il y avait également la fontaine
sacrée et l’ancienne chapelle Saint-Léger,
ancienne paroissiale et lieu de pèlerinages jusqu’à
la Révolution.
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Eglise et presbytère
de Chapaize |
Visite
Eglise ouverte
à visiter.
Pour en savoir
plus sur Chapaize, vous pouvez visiter les sites Internet suivants
:
Site de Chapaize:
http://www.chapaize.org/.
Série de photos sur romanes.com: http://www.romanes.com/Chapaize/.
Galerie de photos sur le site Autour de Tournus (choisissez Chapaize
dans le menu): http://autourdetournus.free.fr/photo_galerie.htm.
Page Bourgogne médiévale : https://bourgognemedievale.com/departement-et-pays/saone-et-loire/pays-chalonnais-entre-grosne-mont-saint-vincent/chapaize/.
Page blog roman : https://romaans.blogspot.com/2019/07/eglise-saint-martin-te-chapaize-saone.html.
Page art roman France : https://sites.google.com/site/artromanfrance/bourgogne/chapaize-saint-martin?authuser=0.
Page Pormenaz : http://pormenaz.free.fr/Chapaize.php.
Page roman gothique : https://romangothique.fr/Chapaize.html.
Page wikipedia : http://fr.wikipedia.org/wiki/%C3%89glise_Saint-Martin_de_Chapaize.
Page Archinform (allemand) : http://eng.archinform.net/projekte/11327.htm.
Page blog allemand : https://romanische-schaetze.blogspot.com/2015/08/frankreich-chapaize-saone-et-loire.html.
Vous pouvez
également consulter les références suivantes
:
- Christe
Y., Cluny et le Clunisois - Eglises romanes, Cluny, 1967.
- Girard
D., L'église Saint-Martin de Chapaize, Université
Laval, 2007.
- Magnien E., Les églises romanes de la Bourgogne du
Sud, Mâcon, 1979.
- Nicolas H., Eglises Romanes du Mâconnais, La Taillanderie,
1997.
- Oursel R., Bourgogne Romane, Zodiaque, 1968.
- Paymal J. et I., Eglises romanes de la Bourgogne du Sud,
Tournus, 1996.
- Ruset D., L'église de Chapaize, Société
des Amis des Arts et des Sciences de Tournus, 1985.
- Ruset D., Pélerinage aux Sources du Premier Art Roman
Méridional, Association des Amis de Chapaize.
- Sapin C., La Bourgogne préromane : construction, décor
et fonction des édifices religieux, Paris, 1986.
- Sapin C. (dir.), Les prémices de l’Art roman
en Bourgogne, Centre d’études médiévales,
Auxerre, 1999.
- Sapin C., Arnaud C. et Berry W., Bourgogne Romane, Dijon,
2006.
- Vergnolle E., Eglise Saint-Martin. Un monument du "premier
art roman" en Bourgogne, Congrès archéologique
de Saône-et-Loire, Paris, 2010.
- Virey J., Les Eglises Romanes de l’Ancien Diocèse
de Macon, Cluny et sa région, Mâcon, 1935.
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