Le site sur l'Art Roman en Bourgogne
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Laizy

 

Edifice
Eglise Saint-Julien
Situation
Centre village, 71190 (Saône-et-Loire)
Parties Romanes
Nef, bas-côtés, transept, chœur et abside
Décoration Pilastres cannelés, arcatures de l'abside, chapiteaux sculptés, modillons
Datation
Deuxième quart du 12e siècle

 

 

Introduction - Historique - Description - Visite

 

 

Introduction

L’église de Laizy, bien que sévèrement remaniée, respire encore le style roman de la cathédrale d’Autun. Ancienne possession des évêques de la ville voisine, elle fut construite au 12e siècle sur un site dans la vallée de l’Arroux qui aurait été choisi par saint Julien lui-même. L’extérieur avec ses lourds contreforts a été presque entièrement refait, mais l’intérieur est encore d’origine. On y remarque les piliers cruciformes aux pilastres cannelés, les arcs brisés et les arcatures sur colonnettes typiques de l’art roman autunois. Les voûtes des trois nefs ont été détruites, celles du transept et du chœur sont encore en berceau brisé. Une trentaine de chapiteaux sculptés présente un intérêt certain et une influence incontestable d’Autun. Les plus beaux se trouvent dans le chœur, comme celui des Pèlerins d'Emmaüs. D’autres chapiteaux représentent un monde de monstres et de motifs végétaux. Avec l’église de Curgy, c'est l'une des plus intéressantes de l’Autunois.

 

Chapiteau dans le style d'Autun : les Pèlerins d'Emmaüs

 

Historique

Le site de Laizy occupe l’emplacement d’une villa gallo-romaine possédée dès le 6e siècle par l’évêque d’Autun et donnée à la cathédrale au début du 7e siècle. Selon la légende, l’église aurait été construite sur le lieu où saint Julien de Brioude, accompagné par saint Léger, jetait son marteau. Une première église existait au 10e siècle. L’église dépendait du chapitre de la cathédrale d’Autun, dont elle est contemporaine, depuis les années 1120. C’est possible que l’église fût également construite sous l’impulsion de l’évêque Etienne de Bagé. Au 15e ou 16e siècle, une chapelle seigneuriale fut ajoutée. Un incendie vers 1640 entraîna la chute des voûtes de la nef. L’église a été remaniée au 17e siècle et d’énormes contreforts ont été ajoutés en 1687 pour stabiliser l’édifice. Les chapiteaux ont été inscrits aux Monuments Historiques en 1950 et l’église restaurée à la fin du 20e siècle.

 

Description

L’église date du deuxième quart du 12e siècle, on estime que le chœur fut commencé dans les années 1120 et que la nef fut complétée vers 1140. Le plan présente une nef de trois travées avec bas-côtés, un transept légèrement saillant et une abside semi-circulaire précédée d’une travée de chœur. Une chapelle gothique se greffe au sud du chœur et une sacristie se trouve au nord. L’extérieur a été entièrement remanié et n’est guère d’apparence romane. Le clocher, sur la croisée du transept, est ouvert par des baies simples. Les grands contreforts contrebutant la façade, la nef et le transept sont du 17e siècle. La façade et le portail sont d’apparence moderne. Seule l’abside est typiquement romane pour son appareil et ses baies. On y remarque quelques modillons aux volutes simples.

 

L'extérieur remanié

 

Extérieur de l'église :
Façade
Flanc sud
Flanc nord
 
 
Chevet
Abside
Modillons
 

 

L’intérieur est encore roman. La nef compte trois travées avec des collatéraux. Les voûtes romanes n’existent plus, elles ont été remplacées par des plafonds plats. On peut supposer que la nef était voûtée en berceau brisé sur doubleaux à l’origine et que des arêtes couvraient les bas-côtés. Les piliers carrés, flanqués de pilastres avec impostes et chapiteaux, sont encore debout. Ils supportent les grandes arcades en plein cintre marquant le seul étage en élévation. Les bas-côtés, également plafonnés, ont des murs avec des baies et des pilastres avec chapiteaux sans décor. Le transept s’élève sur quatre piliers cruciformes cantonnés de pilastres dont ceux à l’est sont de profil cannelé. Des arcs brisés à double rouleau supportent la coupole sur trompes qui a été refaite. Les croisillons, voûtés en berceau brisé, s’ouvrent vers les bas-côtés par des arcs brisés avec impostes. Le chœur en granit rose est la partie la plus ornée de l’église. La travée droite, également voûtée en berceau brisé, conserve deux arcatures avec pilastres cannelés du côté nord. L’abside en cul-de-four possède deux baies et sept arcatures en plein cintre sur colonnettes de granit avec chapiteaux. L’arc triomphal, de profil brisé, retombe sur deux pilastres cannelés avec chapiteaux. Au sud se trouve la chapelle seigneuriale Saint-Hubert, de style gothique, avec une voûte en ogive et la châsse du saint.

 

L'intérieur du chœur

 

Intérieur de l'église :
Nef
Elévation
Bas-côté
Bas-côté
Piliers
Transept
Coupole
Chœur
Abside
Arcatures
Arcatures
Chapelle

 

Les chapiteaux constituent un décor roman intéressant. Trente cinq chapiteaux sont modestement sculptés de scènes historiées, de personnages divers et de feuilles, tandis que ceux des bas-côtés sont épannelés. Ceux du chœur sont en calcaire blanc tandis que ceux du transept et de la nef sont en granit. Le plus fameux, à droite dans l’arc triomphal, est celui présentant le Christ reconnu par les pèlerins d’Emmaüs à la fraction du pain. Le chapiteau en face est sculpté d’un beau feuillage en haut relief. Les huit chapiteaux des arcatures de l’abside, en calcaire blanc, montrent des oiseaux adossés, deux personnages avec une tête de monstre et des feuilles. Deux autres têtes de monstres décorent l’arcature de la travée du chœur. Les huit chapiteaux de la croisée présentent des feuilles et des flores décoratives. Dans les parties hautes de la nef, quatre chapiteaux plus archaïques montrent des décors végétaux avec quelques têtes d'angle. On peut y découvrir encore un personnage, qui pourrait représenter saint Julien, entre des têtes monstrueuses. Enfin, le mobilier de l’église présente des statues médiévales et des fonts baptismaux en granit.

 

Images des chapiteaux :
Pèlerins d'Emmaüs
Feuillage stylisé
Têtes de monstres
Oiseaux adossés
Feuilles
Chapiteaux de la croisée
Personnage et têtes
Feuilles et têtes

 

Personnages et tête de monstre

 

 

Visite

Pour en savoir plus sur Laizy, vous pouvez visiter les sites Internet suivants :

Site de la commune : http://www.mairiedelaizy.fr/.

Page Roland Niaux : https://sites.google.com/site/montbeuvray/laizy%28sa%C3%B4ne-et-loire%29.

Vous pouvez également consulter les références suivantes :

- Magnien E., Les eglises romanes de la Bourgogne du Sud, Mâcon, 1979.
-
Oursel R. et A.-M., Les Eglises Romanes de l’Autunois et du Brionnais, Cluny et sa région, Mâcon, 1956.
- Sapin C., Arnaud C. et Berry W., Bourgogne Romane, Dijon, 2006.

 


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